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Il est arrivé à la Clef il y a maintenant 3 ans. La jeune trentaine, le regard allumé, la tête pleine de rêves grandioses, une énergie débordante, un enthousiasme contagieux, un sourire désarmant, et surtout riche de confiance en l’avenir de la terre. Dans son sac, il porte un impressionnant bagage d’expériences en écologie, en développement durable et des projets communautaires. Artisan de terrain pour le Jardin des capteurs, un projet grandiose de Land Art réalisé sur le site du dépotoir de la carrière Miron à Montréal, Patrick avait l’oeil et le coeur pour les projets de grande envergure et les défis colossaux. Heureux de s’implanter à la campagne avec sa sympathique petite famille, il a quitté Montréal en y léguant un fantastique projet de réinsertion sociale pour les jeunes par le biais de l’horticulture, Les Pousses Urbaines.
Au jardin de la Clef, il hérite d’un projet tout aussi grandiose, un jardin en devenir, un rêve impossible, une utopie en voie de réalisation. Durant les 3 premières années, Manon Desgagnés et son équipe avaient travaillé d’arrache-pied pour que puisse se réaliser cette utopie : terrasser une montagne et y faire prospérer des plantes et leurs jardiniers. Les structures étaient en place, brutes et nues; les plantes étaient installées, fragiles et hésitantes; l’eau ruisselait de la montagne, les chemins défonçaient au printemps, la chaleur était abrutissante en été; le chalet n’avait pas encore d’eau, les pompes sautaient, le système d’irrigation avait le hoquet, le chemin d’accès était cahoteux; le moral des troupes était fragile, l’équipe des récoltes ne savait plus à quel saint se vouer et les vies animale et microbienne cherchaient leur place dans ce nouvel écosystème.

Qu’à cela ne tienne, Patrick se retrousse les manches et se met au travail. Il faut canaliser l’eau de ruissellement ? Pas de problème, Pat sort à la pluie battante pour aller filmer les ruisseaux qui défoncent les planches de culture. Les chemins partent avec la pluie ? On embarque sur la petite pelle mécanique, on patente le tracteur, on pousse les roches, on étudie le nouvel équilibre, les courbes et les chemins naturels. Impossible de le désarmer, de le décourager ou de lui enlever ses moyens, c’est Monsieur Solutions, le roi des débrouillards, le motivateur né, l’oreille attentive et l’inventivité incarnée quand il y a un problème à résoudre.
Trois ans plus tard, l’harmonie s’est peu à peu réinstallée au jardin et, succombant aux charmes et aux talents de cet artiste fabuleux, tous les éléments ont fait la paix avec nous. Les planches de culture ont trouvé leur orientation naturelle, les chemins sont confortablement assis dans leurs lits, les eaux de ruissellement suivent un sentier qui nous convient, vers les bassins de captation. Le toit végétal est radieux, les productions sont au rendez-vous, les pestes se font plus rares, la nature est plus luxuriante, les véhicules deviennent écologiques, les horticultrices se sentent épaulées, les gars de l’équipe sont motivés, l’art reprend sa place, le compost se crée, le fumier se laisse pelleter dans l’enthousiasme, l’agronome est satisfait et les visiteurs sont éblouis devant tant de beauté dans ce jardin unique. Grâce à la contribution de Patrick et de son équipe, ce premier cycle se termine sur une note de grand succès, tant horticole qu’humain, même si les défis restent nombreux. On ne peut qu’aimer ce seigneur de la montagne, apprécier son travail et rendre hommage à son équipe fantastique, en souhaitant passer encore de nombreuses années en sa merveilleuse compagnie…
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